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Finalistes du 25e Prix littéraire Trillium

Finalistes de langue française du Prix littéraire Trillium

 

Plantation Massa-Lanmaux Yann Garvoz, Toronto, Plantation Massa-Lanmaux (Éditions Maurice Nadeau)

Au XVIIIe siècle, le jeune fils d’un planteur antillais, après des études en France, rentre au pays. La plantation de son père fonctionne sur la soumission absolue des esclaves au maître. Imprégné des idées des Lumières, mais aussi de leurs ambiguïtés, Donatien, qui porte le prénom du Divin Marquis, va essayer de moderniser le domaine. Son action aboutira à mettre à nu et à pousser à leurs paroxysmes les fonctionnements libidinaux de la société esclavagiste : la dialectique sadienne du désir et de l’enfermement a effet connu, selon Yann Garvoz, une étonnante concrétisation historique dans les colonies françaises d’Amérique
Yann Garvoz Yann Garvoz est un écrivain français (« francophone d’origine française », ainsi qu’il aime se définir) qui vit à Toronto depuis cinq ans. Une partie de sa famille réside en Guadeloupe, où il a également passé de nombreuses années. Il s’intéresse particulièrement à l’histoire coloniale française, aux problématiques identitaires qui en découlent, à la psychanalyse, la danse et la poésie.

Commentaires du jury : Dans ce roman, le génie du conteur nous transporte au XVIIIe siècle, dans le contexte terrifiant d’une société esclavagiste très hiérarchisée, y compris dans les relations entre esclaves eux-mêmes qui se divisent en Bossales, Créoles, Mulâtres etc. La « plantation », située sur une île, est un univers clos où se déploient des stratégies de survie très complexes, et où la luxure dément constamment le clivage racial.

Lien de la maison d’édition : http://livre.fnac.com/a2883151/Yann-Garvoz-Plantation-Massa-Lanmaux
L’enfanCement Maurice Henrie, Ottawa, L’enfanCement (Éditions Prise de parole)

Dans un style concis et touchant, Maurice Henrie se remémore des scènes de sa vie de jeune garçon, au fil des déménagements successifs de sa famille. De la première maison en papier brique rouge à Val-d'Or au Québec, en passant par les cinq autres à Rockland dans l'Est ontarien, il aligne côte à côte ses souvenirs les plus marquants : la vue d'un premier cadavre, celui de son voisin victime d'un accident; l'arrestation par l'armée canadienne de Jean Touchette, déserteur; la liberté conquise grâce à une première bicyclette; une pêche aux barbotes miraculeuses, une nuit sur la rivière des Outaouais avec Mimine; le travail sur la ferme avec l'oncle Marius; les petits seins lourds et ronds de Valérie. Et tant d'autres encore. Une volonté : de saisir, cet enchevêtrement d'éléments innombrables et disparates, les influences qui l'ont façonné. Et qui ont fait de lui l'homme qu'il est devenu.

Maurice Henrie Né à Rockland Est, Maurice Henrie a publié des recueils de nouvelles, des essais, deux ouvrages satiriques sur la fonction publique et deux romans. Il est récipiendaire de nombreux prix et distinctions, dont le Prix Trillium en 1996 pour « Un balcon dans le ciel ». Ses écrits sont traduits et utilisés en pédagogie un peu partout dans le monde.

Commentaires du jury : Idée géniale, celle d’avoir utilisé les différents types de maisons habitées par l’auteur pour structurer le récit. Tout est bien écrit, les personnages sont sympathiques, les descriptions sont fort réussies et on y retrouve une grande richesse de vocabulaire ainsi qu’une qualité de style indiscutable.

Lien de la maison d’édition : http://prisedeparole.ca/titres-livre/?id=2295

Miroirs et mirages

Monia Mazigh, Ottawa, Miroirs et mirages (Éditions L’Interligne)

Il y a des romans dont la fibre même, ou l’écriture, est une clé magique qui ouvre comme un sésame sur un monde de mystères qui font peur et que l’on n’ose pas approcher parce que les vérités qu’ils recèlent sont invisibles à cause de nos préjugés de Nord-Américains. Je parle ici du roman de Monia Mazigh qui met en scène des femmes immigrantes venues d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Asie avec leur culture, leurs espoirs, leurs différences et surtout leur religion musulmane.

Monia Mazigh

Militante des droits de la personne, Monia Mazigh est née en Tunisie et a immigré au Canada en 1991, pour ses études. Depuis 1998, elle habite dans la région d'Ottawa avec son mari et ses deux enfants. Elle s'est surtout fait connaître pour avoir défendu l'innocence de son mari Maher Arar, injustement renvoyé des États-Unis vers les prisons syriennes où il fut torturé. Elle est l'auteure de son livre-combat : Les Larmes emprisonnées publié en 2008. Miroirs et mirages est son premier roman.

Commentaires du jury : Avec une surprenante habileté, Monia Mazigh réalise un tour de force dans ce roman : présenter des figures de femmes musulmanes, surtout jeunes, qu’il est impossible de repousser dans la catégorie de « l’autre », hostile et inquiétant. Même si elles ne renient pas leur foi pour embrasser la modernité laïque, elles sont contemporaines de leurs concitoyens et font partie de notre commune humanité dont elles partagent les rêves et les passions.

Lien de la maison d’édition : cliquez-ici

Xman est back en Huronie

Joëlle Roy, Midland, Xman est back en Huronie (Éditions David)

Ce qui rend captivante l'histoire de Xavier, « Xman » pour les intimes, c'est avant tout, comme toujours en littérature, la manière dont elle est racontée. Dès le début du roman, le lecteur est confronté à un narrateur inattendu : le récit est alternativement confié à un « je », qui est celui de Xavier, et à un « il », celui de l'auteure omnisciente. Ce qui présente l'avantage pour le lecteur de lire à la fois dans les pensées de Xavier et dans celles des personnages qui gravitent autour de lui. Autre audace de l'écriture de Joëlle Roy : la prose soignée de la narration alterne avec le savoureux vernaculaire des dialogues. N'en déplaise aux puristes et aux chauvins : le local, lorsqu'il est évoqué avec justesse, est une fenêtre grande ouverte sur l'universel.

- Alain Thomas, Président du Comité Christine-Dumitriu-van-Saanen, Salon du livre de Toronto 2011
Joëlle Roy

Originaire du Temiskaming, dans le Nord ontarien, Joëlle Roy connaît depuis des années du succès sur la scène musicale comme interprète, productrice et auteure. En 2009, elle a obtenu un doctorat en études francophones à l’Université de la Louisiane à Lafayette. C’est dans les bayous qu’elle a jeté les bases de son premier roman.

Commentaires du jury : Ce livre nous plonge corps et âme dans l’univers assez spécial du nord ontarien, avec la façon particulière qu’ont les personnages de parler, leurs préoccupations, leurs qualités et leurs défauts. Un livre entièrement ancré à la fois dans son milieu historique et social et dans l’époque moderne.

Lien de la maison d’édition : http://editionsdavid.com/products-page/livres/xman-est-back-en-huronie

Jeudi Novembre

Michèle Vinet, Ottawa, Jeudi Novembre (Éditions Prise de parole)

Le personnage central de ce conte allégorique, Jeudi Novembre Légaré, est littéralement tombé du ciel, un bon matin, parmi les choux qui poussent dans le potager de DesAnges. L’étranger, un jeune adulte, y sera cueilli et adopté par DesAnges et son voisin, Zave, qui se dévoueront à lui inconditionnellement. Telle une éponge, Jeudi se consacrera avec passion à l’apprentissage de la vie; chemin faisant, il transformera celle de quiconque le côtoie. Sa trajectoire le mènera du piano au vélo, de bourg en bois, d’obstacles en périls. Qu’est-ce qui pourrait bien assouvir l’appétit de ce personnage, dont la quête semble insatiable? Dans Jeudi Novembre, les saisons parlent, la nuit agit, les fleurs s’épanchent, tout cela sous une plume fluide, ronde et imaginative.
Michèle Vinet Michèle Vinet a d’abord fait carrière à titre de comédienne avant de s’aventurer sur les sentiers de l’écriture romanesque. Elle a joué dans de nombreuses pièces de théâtre, en français comme en anglais, ainsi que dans des films, dont Heart-Shaped Womb et Memory of Mother, et des séries télévisées. Parallèlement, elle a œuvré dans le domaine de l’éducation en offrant des cours de français langue seconde et de création littéraire ainsi que des ateliers de formation professionnelle à des conseils scolaires et à des associations professionnelles.

Commentaires du jury : Le lecteur entre en hésitant dans ce petit livre au titre étrange. Il comprend assez vite que le héros, Jeudi Novembre, est un extraterrestre, et pourquoi il porte ces deux noms. Bien que tenté de fermer le livre pour passer à autre chose, il pousse un peu plus loin la lecture pour vérifier s’il s’agit d’élucubrations sans intérêt, comme celles des Raëliens. Trop tard! On ne peut pas lire du bout des yeux ce conte mystique, magique, fantaisiste. On s’y embarque sans ambages, sans espoir de retour.

Lien de la maison d’édition : http://prisedeparole.ca/titres-livre/?id=2381

Finalistes du Prix de poésie Trillium en langue française

 

À tire d’ailes

Sonia Lamontagne, Ottawa, À tire d’ailes (Éditions Prise de parole)

À tire d’ailes découle du regard d’une jeune femme sur son quotidien, sur les élans ou les confusions du cœur, sur les vagues à l’âme ancrés dans de vagues paysages du Nord de l’Ontario, Fauquier, Sudbury, Blind River. Le texte trace un arc narratif autour de moments clés qui se déploient en quatre temps, menant cette femme d’une jeunesse incertaine du nord ontarien jusqu’à une prise de conscience identitaire et personnelle qui ouvre une perspective de changement sur le monde.
Sonia Lamontagne Originaire de Fauquier dans le Nord de l’Ontario, Sonia Lamontagne a complété ses études du premier cycle en littérature, en psychologie et en éducation à l’Université Laurentienne. Après avoir consacré deux années à l’enseignement, elle poursuit ses études en rédaction professionnelle et édition à l’Université d’Ottawa.

Commentaires du jury : Livre exceptionnel, qui cerne bien le lieu (le Nord) et réussit à donner une vision de la géographie et de la sensibilité nordiques. Ce texte simple mais évocateur, par le biais d’images saisissantes, fournit une réflexion sur l’isolement et la détresse de la région mais fait également ressortir son énorme beauté.

Lien de la maison d’édition : http://prisedeparole.ca/titres-livre/?id=2373
Apocryphes du cœur François Baril Pelletier, Ottawa, Apocryphes du cœur (Éditions David)

Apocryphes du coeur est un recueil qui tire ses racines de l’histoire de l’être. Il cherche à révéler ce que l’on garde secret, ce que l’on ne dit pas ou que l’on ne veut pas entendre : les blessures intérieures, traces d’un passé commun marqué par le rigorisme religieux et la difficile recherche d’une identité dans une collectivité aux fondements effrités.
François Baril Pelletier François Baril Pelletier a vécu à Montréal, à Regina et à Ottawa, son lieu de résidence actuel. Artiste visuel et passionné d’histoire ancienne, il réussit, entre les études, les voyages, le travail et la peinture, à accorder une grande place à l’écriture. Apocryphes du coeur est son premier recueil de poésie.

Commentaires du jury : Grâce à une belle maîtrise du rythme et de l’image, jumelée à des assonances fortes, l’auteur crée un univers dans lequel la parole et la forme elle-même du texte révèlent les secrets les plus profonds de l’être.

Lien de la maison d’édition : http://editionsdavid.com/products-page/livres/apocryphes-du-coeur
Cendres de lune Aurélie Resch, Toronto, Cendres de lune (Éditions L’Harmattan)

Cendres de lune est un livre de l'ombre. Celle qui se referme sur les peurs ancestrales et sur les drames les plus secrets. Voile nocturne qui se soulève parfois pour révéler tout le système d'une vie sans aube. Celle d'un peuple hanté par ses démons, poussé par l'avant par ses défis, ses lois tribales et ses crimes. Sombre et envoûtant, ce premier recueil de poésie, original dans sa forme, invite à explorer le monde après le crépuscule.
Aurélie Resch Écrivaine, journaliste et réalisatrice, Aurélie Resch travaille sur l’exil et la quête identitaire remportant ainsi en 2002 et 2005 des nominations pour le Prix des lecteurs de Radio Canada et le prix littéraire Christine-Dumtriu-van-Saanen. Aurélie Resch collabore à diverses revues culturelles et réalise des documentaires pour des télévisions francophones, elle anime des ateliers d’écriture dans les écoles, les salons du livre et les centres culturels. Cet éventail de réalisations, à travers lesquelles Aurélie Resch s’efforce de promouvoir la culture française, lui vaut d’être finaliste aux Trophées Sénat de la présence française à l'étranger en 2008.

Commentaires du jury : Dans ce texte de prose poétique fort réussi, l’auteure nous plonge dans le domaine des légendes, où des personnages – en occurrence des gitans – ont à découvrir l’essence de leur propre histoire et doivent forger une certaine appartenance dans un monde qui leur est parfois hostile.

Lien de la maison d’édition : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=32321



Finalistes de langue anglaise du Prix littéraire Trillium

 

Methodist Hatchet Ken Babstock, Toronto, Methodist Hatchet (House of Anansi Press)

Perdus dans l’espace figé et sans nom entre une carte du monde et un monde de fausses cartes, les poèmes de Methodist Hatchet portent sur ce qui exigé de chacun d’entre eux, tout en essayant d’exprimer leur propre perplexité. Intrépide dans son expression, ses trajectoires et ses cadres de référence, Methodist Hatchet examine de près les objets qui l’intéresse jusqu’à ce qu’ils s’agitent et laissent transparaître leur mystérieuse aura. Ce sont cette étrangeté et ce calme mystérieux qui sont au cœur même de cet ouvrage amusant, intense et intelligent de Ken Babstock.
Ken Babstock Ken Babstock est né à Terre-Neuve et a grandi dans la vallée de l’Outaouais. Il est l’auteur de trois autres recueils de poésie, dont Airstream Land Yacht qui a remporté le Prix de poésie Trillium. Methodist Hatchet a également figuré sur la liste des finalistes du prix de poésie Griffin en 2012. Ken Babstock vit à Toronto.

Commentaires du jury : Peu de recueils de poésie offrent une expérience d’immersion aussi intense que Methodist Hatchet de Ken Babstock. Lire ces poèmes, c’est comme se retrouver dans un salon victorien où des portraits couvrent les murs du sol au plafond : au premier abord, la profusion des détails vous submerge, mais vu de plus près, chaque tableau révèle un portrait au rendu éloquent, une image où chaque ligne, chaque image est créée avec maîtrise, précision et grâce.

Lien de la maison d’édition : http://www.houseofanansi.com/Methodist-Hatchet-P1838.aspx
The Free World David Bezmozgis, Toronto, The Free World (HarperCollins Publishers)

C’est l’été 1978 et des milliers de juifs russes qui ont trouvé le chemin de la liberté grâce à une brèche dans le Rideau de fer se promènent dans les rues animées et polyglottes de Rome. La famille Krasnansky (enfants, parents et grands-parents) fait partie de ceux qui sont arrivés en Italie pour obtenir un visa et commencer une nouvelle vie à l’Ouest. Écrit dans une prose précise et musicale, The Free World est un premier roman étonnant, une saga multigénérationnelle émouvante dont la portée historique, certes impressionnante, est surpassée par une humanité encore plus palpable. En élargissant les thèmes des aspirations et de l’exil, deux thèmes qui étaient omniprésents dans son premier recueil, Natasha and Other Stories, The Free World fait de David Bezmozgis un de nos conteurs les plus mûrs et accomplis.
David Bezmozgis David Bezmozgis, écrivain et cinéaste, est né à Riga, en Lettonie. Son premier ouvrage, Natasha and Other Stories, a remporté le Commonwealth Writers’ Prize for Best First Book (Canada et Caraïbes), et a été proposé pour un Prix littéraire du Gouverneur général. Free World faisait partie de la liste des finalistes à la fois du Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Romans et nouvelles et du Prix Giller de la Banque Scotia. Son premier long métrage, Victoria Day, a été présenté au Sundance Film Festival. En 2010, il a figuré sur la liste des « 20 Under 40 » du New Yorker. David Bezmozgis vit à Toronto.

Commentaires du jury : The Free World est un roman qui évoque avec subtilité et profondeur la perte dans le chaos de l’émigration. En 1978, trois générations d’une famille juive lettone se trouvent bloquées à Rome pendant des mois au cours desquels la capitale italienne apparaît comme un purgatoire où l’attente fait écho à l’anxiété. Compassion, humour sardonique et dialogues qui sonnent juste : voici comment David Bezmogis brosse le portrait de ses personnages, qui incluent un patriarche de l’Armée rouge mal en point et ses deux fils, Karl, capitaliste par nature et Alec, adepte de l’hédonisme.

Lien de la maison d’édition : http://www.harpercollins.ca/books/Free-World-Bezmozgis-David/?isbn=9781443403993
Idaho Winter Tony Burgess, Stayner, Idaho Winter (ECW Press)

Idaho Winter s’ouvre sur l’histoire d’un jeune garçon dont l’existence est extrêmement difficile. Idaho est, sans qu’il en soit responsable, détesté de tous les habitants de sa ville. Son père, Early Winter, lui sert au petit déjeuner des animaux tués sur la route. Le brigadier scolaire dirige les voitures vers lui lorsqu’il traverse la rue. Les parents encouragent leurs enfants à faire preuve de cruauté à son égard. Lorsqu’Idaho découvre que sa vie misérable a pour origine les écrits d’un auteur cruel, il l’enferme dans un placard et s’empare du récit. Lorsque l’auteur émerge du placard, son histoire est devenue méconnaissable…
Tony Burgess

Tony Burgess est l’auteur de The Hellmouths of Bewdley, Pontypool Changes Everything, Caesarea et People Live Still in Cashtown Corners. Il est également l'auteur de deux ouvrages qui ont remporté le prix ReLit, à savoir Ravenna Gets et Fiction for Lovers. En 2008, le célèbre réalisateur Bruce McDonald a adapté Pontypool à l’écran et Tony a été nommé pour un prix Génie et a remporté un prix Chlotrudis pour le meilleur scénario. Il vit à Stayner, en Ontario, avec sa femme et ses deux enfants.

Commentaires du jury : Moitié parodie, moitié jeu postmoderne, le sixième roman de Tony Burgess juxtapose de façon sombrement absurde l’histoire d’une entrée dans l’âge adulte et un récit d’aventures du XIXe siècle, un projet spécial après la classe dirigé par David Lynch, une folle galopade métaphysique à travers des endroits réels et imaginaires, ainsi qu’un traité habile et étonnamment sensible sur la cruauté, la souffrance et la compassion des êtres humains.

Lien de la maison d’édition : http://www.ecwpress.com/books/idaho-winter

And Me Among Them Kristen den Hartog, Toronto And Me Among Them (Freehand Books)

Ruth a grandi trop vite. Du haut de ses sept pieds, elle lutte pour cacher les symptômes physiques et mentaux de sa croissance rapide, pour établir des liens avec d’autres enfants et pour apaiser ses parents. Ne sachant pas comment aider Ruth, ses parents, Elspeth et James, se replient sur eux-mêmes et s’éloignent l’un de l’autre. Alors que leur mariage s’écroule, Ruth se sent de plus en plus attirée par Suzy, la jeune fille dangereuse qui est sa voisine. Sa taille extraordinaire lui offre un angle de vue imprenable : une perspective aérienne qui lui permet à la fois de se souvenir et de regarder son passé défiler. Dotée d’une étonnante capacité à deviner les secrets affectifs du passé et du présent de sa famille, Ruth fait doucement remonter à la surface les points faibles d’Elspeth et de James, leurs regrets et leurs désirs les plus intimes.
Kristen den Hartog Kristen den Hartog est l’auteure des romans Water Wings, The Perpetual Ending et Origin of Haloes, de même que de The Occupied Garden: A Family Memoir of War-torn Holland, écrit avec sa sœur, Tracy Kasaboski. Kristen vit à Toronto avec son mari et sa fille.

Commentaires du jury : Faussement mince, And Me Among Them nous présente un monde incroyable mettant en scène une perspective unique, un point de vue plus élevé. Au fur et à mesure qu’elle grandit (et qu’elle grandit, et qu’elle grandit encore plus), Ruth, la fille-géante, étire la conscience de chacun, lit dans l’esprit et les rêves de ses parents et même au-delà. Kristen den Hartog ouvre tant de portes que chaque signification est exacerbée, décalée et adopte un nouveau sens – un roman magique, merveilleux et incomparable.

Lien de la maison d’édition : http://www.freehand-books.com/books/and_me_among_them
The Perfect Order of Things David Gilmour, Toronto, The Perfect Order of Things (Thomas Allen Publishers)

Tel un touriste visitant sa propre vie, le narrateur de David Gilmour navigue dans le temps pour réexaminer les moments critiques qui l’ont façonné. Il revisite, pour ne citer que certains des grands moments de son existence, la terrible souffrance infligée par un premier amour, le choc du suicide de ses parents, le traumatisme causé par la dislocation étrange d’un de ses meilleurs amis, et la souffrance et l’humiliation de la jalousie omniprésente. En fait, le narrateur des anciens romans de David Gilmour est en train d’écrire sa propre autobiographie romancée sous forme de cavalcade époustouflante de récits qui ponctuent une vie vécue et aimée avec passion. Racontées sous forme d’arc narratif épisodique, il s’agit d’histoires sur l’influence profonde de Tolstoï, des Beatles, du culte de la célébrité, de l’effet délirant des drogues et de la vie littéraire sur la route tortueuse qu’emprunte le narrateur.
David Gilmour

David Gilmour est un romancier dont l’œuvre a été acclamée par des auteurs littéraires aussi variés que William Burroughs et Northrop Frye, et qui a été encensée par des publications aussi diverses que le New York Times ou le magazine People. Auteur de six romans, il a également animé l’émission primée Gilmour on the Arts. En 2005, son roman, A Perfect Night to Go to China, a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Romans. Son livre suivant, The Film Club, a figuré sur la liste des finalistes du prix Charles Taylor en 2008 et est devenu un roman à succès planétaire. Il vit à Toronto avec sa femme.

Commentaires du jury : The Perfect Order of Things de David Gilmour est une « autobiographie fictive » d’un caustique délirant, comme un fantôme hantant son propre passé. Qu’il s’agisse de méditer sur des relations amoureuses ayant mal fini, des soirées cinéma prétentieuses, des parcs californiens, Tolstoï ou les Beatles, David Gilmour brille comme d’habitude par sa remarquable faculté à repérer l’absurde, que ce soit chez les autres (célébrités, livres ou anciennes conquêtes), ou – avec une conscience de soi tout en ironie – chez lui-même.

Lien de la maison d’édition : http://www.thomasallen.ca/site/Title.aspx?ISBN=9780887628078

Killdeer Phil Hall, Perth, Killdeer (BookThug)

Ce sont des poèmes de pensée critique qui ont été influencés par de vieux airs de violon. Ce sont des essais qui ne tentent pas tant de persuader que de réfléchir, d’inviter et de faire des émules. Phil Hall est un « surruraliste » (rural et surréel) et un « terroir-iste » (régionaliste spécialiste des cantons). Il évoque notamment Margaret Laurence, Bronwen Wallace, Libby Scheier et Daniel Jones, et leur rend hommage. Il parle du processus embarrassant de transformation en poète et de son rapport contradictoire avec le concept de foyer. Dans son ouvrage, la ligne est l’unité de composition; la lecture est variée; le point de vue est personnel et la logique est reléguée au second plan. La langue ne joue pas avec le lecteur : c’est un art sacro-saint. Les lecteurs sont invités à regarder la crainte révérencielle se transformer en un nous collectif.

Phil Hall Phil Hall a été élevé à la campagne, dans la région des Kawarthas, en Ontario. Il a suivi des études à l’Université de Windsor dans les années 1970 et y a obtenu une maîtrise en anglais et en conception-rédaction. Il a publié de nombreux livres et poèmes, quatre livres de colportage et une cassette de chants du travail. Citons au nombre de ses récents ouvrages An Oak Hunch et The Little Seamstress. Killdeer a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Poésie et figure sur la liste des finalistes du prix de poésie Griffin 2012. Phil Hall est membre de la Writers’ Union of Canada et vit près de Perth, en Ontario.


Commentaires du jury :
Avec Killdeer, Phil Hall bouscule toutes nos frontières élémentaires avec un texte tour à tour mémoire, essai et poème – tout en discernement. Cicatrices autoroutières, papillons porte-queue, sous-sols qui s’écroulent ou encore lignes de côte : les poèmes-essais de Hall éclairent les grands problèmes ainsi que les paradoxes fondamentaux du quotidien. Ce livre est un pèlerinage assuré, fabuleux et profond.

Lien de la maison d’édition : http://www.bookthug.ca/proddetail.php?prod=201105



Finalistes de langue anglaise du Prix de poésie Trillium

Match Helen Guri, Toronto, Match (Coach House Press)

Utilisant de façon troublante la voix du mâle moderne rejeté, peu impressionnant et émotionnellement instable, le premier recueil de Helen Guri explore la transformation d’un homme perdu et seul en un être aimé, ne serait-ce que par les voix de plus en plus acrobatiques de son esprit. Les poèmes touchants et incisifs de Match définissent les limites de la relation entre le corps et l’esprit en des temps vraiment virtuels. Est-ce que le regard amoureux, désabusé, inquisiteur et souvent autodestructeur signale une aversion radicale à la réflexion profonde ou plutôt une réaffirmation troublante de l’impulsion romantique? Est-ce que quelque chose de bien peut vraiment se produire lorsque l’objet de son affection est, littéralement, un objet? Et si elle ressemble à un être humain, pouvez-vous être sûr qu’elle n’en soit pas un?
Helen Guri Helen Guri a obtenu son diplôme en conception-rédaction de l’Université de Toronto. Elle a enseigné la rédaction au Collège Humber. Son œuvre a été publiée dans de nombreux journaux canadiens, y compris Arc, Descant, Event, Fiddlehead et Grain. Match est son premier recueil. Elle vit à Toronto.

Commentaires du jury : Dans Match, Helen Guri fait appel à la parodie sociale, au surréel et à la perspective psychologique pour élucider des questions centrales pour l’être humain : la solitude, le doute de soi et les possibilités de connexion. Adoptant audacieusement le point de vue d’un jeune homme isolé qui cherche l’amour véritable auprès d’une poupée gonflable, cette première œuvre magistrale est extrêmement moderne et vraiment singulière.

Lien de la maison d’édition : http://www.chbooks.com/catalogue/match
Folk

Jacob McArthur Mooney, Toronto, Folk (McClelland & Stewart)

Dans ce recueil de virtuose, les deux volets, un d’orientation rurale et l’autre d’orientation urbaine, tissent un dialogue complexe. Prenant comme point de départ la catastrophe du vol 111 de la Swissair en 1998 au large des côtes de Nouvelle-Écosse, avant de se déplacer dans les quartiers avoisinant l’Aéroport international Pearson, Folk est un examen sophistiqué de l’intérêt que l’homme porte aux cadres, bords et bordures, et une enquête passionnée sur les défis contemporains en matière d’identité, qu’elle soit individuelle ou qu’elle ait trait au quartier, à la ville ou à la nation. Il s’agit de poésie qui pose des questions cruciales et qui refuse des réponses faciles, tout en construisant une structure verbale chatoyante qui « transcende la propriété ou la pensée ». Le style distinctif de l’auteur est à la fois troublant, attirant et rend compte du climat difficile de notre temps.
Jacob McArthur Mooney Le premier recueil de poésie de Jacob McArthur Mooney a été extrêmement bien accueilli. Il s’agit de The New Layman's Almanac. Son œuvre a également été couronnée par le Banff Centre Bliss Carman Poetry Award. Commentateur et critique de poésie respecté, Jacob McArthur Mooney est le rédacteur du blogue populaire Vox Populism et a été l’un des membres du jury du concours Canada Also Reads du National Post. Il a été finaliste du prix Dylan Thomas. Néo-Écossais vivant désormais à Toronto, il vient d’obtenir une maîtrise en beaux-arts du programme de conception-rédaction de l’Université de Guelph-Humber.

Commentaires du jury : Dans Folk, Jacob McArthur Mooney trace des centaines de fines lignes au-dessus des champs vectoriels du chagrin et de la croissance. Il s’agit d’une carte de l’univers suburbain et du ciel, où chaque méridien rend possible la ruine et la domination, où chaque perte d’altitude offre une rare ascension vers le savoir.

Lien de la maison d’édition : http://www.mcclelland.com/catalog/display.pperl?isbn=9780771059391
Earworm Nick Thran, Toronto (actuellement Fredericton), Earworm (Nightwood Editions)

Earworm, le deuxième recueil du renommé poète Nick Thran, conjugue avec brio une féroce intelligence, une excellente connaissance du métier et un point de vue incisif pour accomplir un tour de force amusant et spectaculaire. Fort de son premier succès, Nick Thran fait encore mieux entendre les rythmes irrésistibles de la culture pop et sa voix singulière en les accompagnant d’une expérimentation formelle plus audacieuse et d’une plus grande maturité poétique. Cet ouvrage éclectique porte sur des sujets allant des bandes dessinées au Caravage en passant par les cigales, exprimés dans toute une série de formes poétiques. En dépit de sa diversité, cet ouvrage est unifié par son mélange parfaitement équilibré d’observation méticuleuse où pointe le sens de l’humour fantasque de Nick Thran.
Nick Thran Nick Thran est l’auteur d’un autre recueil de poésie, Every Inadequate Name (Insomniac Press, 2006). Ses poèmes sont parus dans plusieurs publications au Canada, y compris dans Arc, The Best Canadian Poetry 2010, Geist, Maisonneuve, Matrix, The National Post et The Walrus. Nick Thran a grandi dans l’Ouest canadien, le sud de l’Espagne et le sud de la Californie. Ces dernières années, il a vécu à Brooklyn, New York et Toronto.

Commentaires du jury : Voies ferrées peintes, ananas post-apocalyptiques ou coup de circuit signant la fin de match : Earworm de Nick Thran se fait l’écho de toutes nos obsessions irréductibles, idiotes et iridescentes, puis y répond. Ce recueil nous rappelle pourquoi la poésie compte, et comment des strophes alchimiques peuvent transformer l’expérience en or. Earworm est tout autant capable de vous faire pleurer que de vous faire rire, longtemps et bruyamment.

Lien de la maison d’édition : http://www.nightwoodeditions.com/title/Earworm