Mise à jour intérimaire

Mai 2017

Les profils sectoriels de la SODIMO sont actualisés une fois par année. Ils sont mis à jour environ six mois plus tard, pour faire le point sur les principaux changements observés depuis leur publication.

Endnotes

a Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario (SODIMO), Statistiques, 2017.

b Canadian Media Producers Association (CMPA), Profil 2016 – Rapport économique sur l’industrie de la production de contenu sur l’écran au Canada, 2017, p. 27.

c Statistique Canada, tableau 361-0038 – Production cinématographique, télévisuelle et vidéo, statistiques sommaires, aux 2 ans (dollars sauf indication contraire), CANSIM (base de données) (site consulté le 19 avril 2017).

d Communiqué, « Le FMC annonce des initiatives pour augmenter la contribution des femmes », Fonds des médias du Canada (FMC), 8 mars 2017.

e Kate Taylor, « National Film Board seeks female cinematographers, composers and writers », The Globe and Mail, 7 mars 2017.

Introduction

L’Ontario abrite le secteur de production télévisuelle et cinématographique le plus important au Canada et comprend des joueurs dans toute la chaîne de valeur de la production et de la distribution du contenu audiovisuel. L’Ontario est l’un des plus grands centres de production cinématographique et télévisuelle en Amérique du Nord1. Il s’agit notamment de la cinquième année d’affilée que la contribution économique des productions cinématographique et télévisuelle a atteint la marque du milliard de dollars2.

Le secteur de la production cinématographique et télévisuelle de l’Ontario se compose principalement de petites et de moyennes sociétés qui produisent à la fois leurs propres productions exclusives et des productions étrangères avec des partenaires internationaux. La province abrite également des studios d’animation et d’effets visuels de renommée mondiale. En 2014-2015, l’Ontario a généré 38 % du volume de la production nationale cinématographique et télévisuelle3.

  • prix Écrans canadiens de 2016 ont récompensé de nombreuses productions cinématographiques, télévisuelles et de médias numériques. La coproduction canado-irlandaise financée par la SODIMO, Room, a remporté un total de neuf prix Écrans canadiens, notamment celui du Meilleur film, de la Meilleure réalisation, d’Interprétation masculine dans un premier rôle, d’Interprétation féminine dans un premier rôle, ainsi que d’Interprétation féminine dans un rôle de soutien. Le film The Book of Negroes, financé par la SODIMO, a été récompensé dans de nombreuses catégories, dont Meilleur téléfilm ou minisérie, Meilleur film pour la télévision ou série limitée, et Meilleure réalisation dans une émission dramatique ou une série limitée. Dans les catégories liées aux médias numériques, Secret Location, de Toronto, s’est vu discerner le prix du Meilleur projet multiplateforme pour enfants et jeunes, pour Gaming Show Interactive.
  • En particulier, Room a reçu de nombreuses distinctions à l’international, notamment aux Academy Awards, aux British Academy Film Awards, aux Golden Globe et aux Screen Actors Guild Awards, entre autres. Brie Larson a remporté d’importants prix pour son interprétation dans Room, dont un Oscar et un Golden Globe pour Meilleure actrice.
  • Les films ontariens ont également été bien représentés sur le circuit des festivals internationaux. Bacon & God’s Wrath, de Solomon Friedman, a été récompensé du prix spécial du jury pour un court-métrage au Festival du film de Sundance de 2016, tandis que Mean Dreams et Two Lovers and A Bear se sont retrouvés parmi les films ontariens sélectionnés pour le Festival du film de Cannes de 2016 – la Quinzaine des réalisateurs.
  • Plus de 30 films ontariens ont été présentés au Festival international du film de Toronto (TIFF) de cette année, notamment des projets financés par le Fonds de la SODIMO pour la production cinématographique, comme All Governments Lie: Truth, Deception and The Spirit of I.F. Stone et Mean Dreams.

Taille de l’industrie et impact économique

Emploi et salaires

  • Les plus récentes données provenant de Statistique Canada démontrent que les sociétés de production cinématographique, télévisuelle et vidéo canadiennes ont versé 926,4 millions de dollars en salaires, traitements et avantages sociaux aux travailleurs du secteur en 2013. L’Ontario représentait environ 46 % de ces paiements, ayant déboursé 423,3 millions de dollars en salaires – un montant supérieur à celui de toute autre province4.
  • Les chiffres fournis par la Canadian Media Production Association’s (CMPA) dans Profil 2015 révèlent que la production cinématographique et télévisuelle au Canada a généré un total de 148 500 emplois équivalents temps plein (ETP) en 2014-2015, dont 58 400 sont des ETP directs et 90 100 sont des ETP indirects5. La majorité des ETP a été générée par la production canadienne (24 400 directs et 37 700 indirects)6. La part de l’Ontario de l’emploi direct et indirect en 2014-2015 représentait la plus importante parmi toutes les provinces et tous les territoires, ayant généré 46 250 ETP7.
  • Selon les données recueillies par la SODIMO (pour le calendrier 2015), la production cinématographique et télévisuelle soutenue par la province a contribué à près de 32 500 ETP (directs et indirects), ce qui constitue une augmentation de 4 5000 par rapport à l’année précédente8.
  • Un rapport récent des Computer Animation Studios of Ontario (CASO) a révélé que l’industrie de l’animation par ordinateur et des effets visuels en Ontario avait embauché environ 6 750 ETP en 2014, dont 75 % étaient des ETP directs (5 070) et les autres 25 % (1 680) étaient des ETP indirects9.
  • En 2010-2011, le sous-secteur du documentaire au Canada a généré une somme d’environ 195 millions de dollars de chiffre d’affaires, créant 4 800 emplois directs, une baisse par rapport aux 6 300 emplois directs qui existaient en 2008-2009. Ce sous-secteur a connu une diminution considérable du volume de production au cours des récentes années, ce qui a eu une incidence proportionnelle sur le nombre d’ETP et le revenu de travail attribuable au documentaire10.

Volume et budgets de production

 Production cinématographique et télévisuelle en Ontario selon le format, au Canada et à l’étranger, 2013-2015 (millions de dollars) : Format : 2013, 2014, 2015 ; Longs métrages canadiens : 134.1, 105.7, 57.1 ; Séries télévisées canadiennes : 581.0, 639.7

  • En 2015, le volume de la production cinématographique et télévisuelle en Ontario a franchi pour la cinquième année consécutive le seuil du milliard de dollars, enregistrant sa meilleure année de tous les temps, soit 1,52 milliard de dollars, selon les chiffres de la SODIMO. La production télévisuelle représente 83 % des recettes totales, avec 1,26 milliard de dollars dépensés pour des séries télévisées canadiennes et étrangères, téléfilms, miniséries, émissions spéciales et pilotes11. Le secteur des budgets pour les téléfilms étrangers et les miniséries a continué de s’accroître (96 %), porté par de nombreuses séries télévisées de valeur supérieure, notamment Suits, Beauty and the Beast et Heroes Reborn. La production télévisuelle au Canada demeure une composante importante de ces résultats annuels, avec une contribution de 704,8 millions de dollars en 201512. Notamment, bien que le nombre de films pour la télévision, de miniséries, d’émissions spéciales et de pilotes n’ait augmenté que de 5 % par rapport aux niveaux de 2014, les budgets se sont accrus de 42 %13.
  • En ce qui concerne les longs métrages, le nombre de longs métrages nationaux (27) a regagné le niveau de 2013 après une remontrée en flèche en 2014 (43)14. Le nombre de longs métrages étrangers, toutefois, est passé de 15 à 28 (une augmentation de 87 %), et leur budget a augmenté de 50 %15.
  • Les données de la SODIMO indiquent que le secteur le plus important de croissance était l’animation étrangère, avec une augmentation du nombre de projets (26) de 136 %, et des budgets, de 146 %16. À l’échelle nationale, l’animation est également demeurée forte, avec une augmentation de 42 % de projets, et une augmentation correspondante de 34 % en budget17.
  • En 2014-2015, l’Ontario a conservé son titre de province affichant le plus gros volume de production cinématographique et télévisuelle au Canada, avec 38 % du total national18. Le Profil 2015 de la CMPA révèle que le volume de la production cinématographique et télévisuelle au Canada totalisait 7,1 milliards de dollars, ce qui correspond à un taux de croissance annuel composé de 19,6 % à partir des chiffres de 2013-201419. Les données recueillies par la CMPA indiquent que cette augmentation a été alimentée par une série de facteurs : croissance dans le secteur de la production étrangère et des services de production (qui a augmenté de 42,4 4 % en 2014-2015), dépréciation du dollar canadien, croissance du sous-secteur de la télévision au Canada (de 9,8%), production canadienne de longs métrages destinés aux salles de cinéma (croissance de 1,7 %) et augmentation de 11 % dans le secteur de la production interne des radiodiffuseurs20.
  • Les données recueillies par Téléfilm révèlent qu’il y a eu un total de 55 coproductions produites en 2015, avec un budget dépassant à peine les 449 millions de dollars21. La part du Canada de ces 55 coproductions s’élevait à un peu plus de 181 millions de dollars22. Si on approfondit la décomposition des données, il y avait 35 projets anglophones, avec une part canadienne d’environ 144 millions de dollars, et 20 coproductions francophones qui ont enregistré une part canadienne de plus de 36 millions de dollars23. La majorité des coproductions entreprises en 2015 était issue du secteur de la télévision (30), ce qui a donné lieu à une part canadienne de plus de 110 millions de dollars24. Dans l’ensemble, ces chiffres de coproduction démontrent une diminution du nombre de coproductions produites en 2014 (68), des budgets totaux (536 millions de dollars) et la part canadienne correspondante (254 millions de dollars)25.
  • En 2015, selon Téléfilm, le partenaire de coproduction le plus commun du Canada était la France (20), suivi de près par le Royaume-Uni (15)26.
  • Un rapport récent de Film LA Inc., qui portait sur les productions de pilotes en 2016, a déclaré que Toronto était l’un des plus importants compétiteurs de Los Angeles en matière de production de pilotes. Selon le rapport, Toronto a attiré 12 pilotes au cours de la saison 2015-2016; une augmentation de 33 % de pilotes par rapport au cycle précédent27.

Revenus et chiffres connexes

  • En 2013, 50 % de l’ensemble du chiffre d’affaires de la production cinématographique et vidéo canadienne a été imputable aux sociétés de production cinématographique, télévisuelle et vidéo ontariennes. Arrive ensuite le Québec, avec 26,1 %, puis la Colombie-Britannique, avec 17 %. Ces données indiquent que la part de l’Ontario dans le chiffre d’affaires national a légèrement diminué par rapport à 201128. Par ailleurs, les sociétés de production cinématographique, télévisuelle et vidéo ontariennes ont enregistré un chiffre d’affaires de 2,12 milliards de dollars en 2013, et conformément à la tendance nationale, les dépenses ont aussi augmenté, donnant lieu à une marge bénéficiaire importante de 6,5 % ― légèrement supérieure à la marge nationale (6,4 %)29.
  • En 2013, les sociétés de production cinématographique, télévisuelle et vidéo canadiennes ont déclaré un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars, donnant lieu à une marge bénéficiaire de 6,4 %30. La majeure partie des recettes de production canadienne – 64 % – a été générée par la production télévisuelle, y compris la production indépendante et interne de radiodiffusion31.
  • Selon Statistique Canada, l’Ontario représentait 87,9 % du chiffre d’affaires de l’industrie de la distribution cinématographique et vidéo en 201332. En 2013, les distributeurs en Ontario ont enregistré un chiffre d’affaires de 1,62 million de dollars, et avaient une marge bénéficiaire de 20,6 %33.

Recettes d’exploiration de la production cinématographique, télévisuelle et vidéo, cinq principales provinces, 2009, 2011 et 2013 (millions de dollars) : Ontario : 1453.3, 1831.1, 2120.4 ; Québec : 903.8, 953.2, 1109.3 ; Colombie-Britannique : 420.3, 485.

Marché de la consommation

  • Selon PricewaterhouseCoopers (PwC), le marché mondial de la télévision et de la vidéo continuera d’augmenter à 318,26 milliards de dollars américains d’ici 2020, ce qui représente un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 2,5 %34. Ce segment du marché comprend les dépenses encourues pour les abonnements télé de base et premium, les redevances publiques sur licence et les recettes générées par la location de vidéos (notamment, les vidéos domestiques physiques et numériques, la vente à prix ordinaire, la location et les services d’abonnement, comme Netflix, vidéo sur demande et la télévision à la carte. À l’échelle mondiale, les revenus provenant des abonnements à la télévision continueront d’augmenter, atteignant les 241,22 milliards de dollars américains d’ici 2020, une hausse du TCAC de 2,8 %35.
  • PwC prévoit que les recettes découlant de la télévision et de la vidéo au Canada continueront d’augmenter à un rythme modéré (TCAC de 0,83 %) jusqu’en 2020, atteignant un peu plus de 10,1 millions de dollars d’ici 202036. Bien que le taux de pénétration des abonnements à la télévision soit censé continuer de diminuer (à 70,7 % d’ici 2020), le nombre de foyers qui paient pour des services d’abonnement va augmenter, en fait, à 11,8 millions de dollars d’ici 202037.
  • Bien que le segment du cinéma à l’échelle mondiale soit censé augmenter à un taux de croissance annuel composé de 5,79 % pendant la période de 2015 à 2020, on s’attend à ce que les recettes-guichet atteignent les 803 millions de dollars américains d’ici 2020, à un rythme plus modéré (un TCAC de 0,9 % au cours de la période de prévision)38.
  • Selon PwC, les recettes découlant des vidéos électroniques (un segment qui comprend les services de vidéo sur demande et de télévision à la carte provenant d’un fournisseur de télévision) sont sur le point de supplanter les recettes provenant des produits vidéos domestiques (locations, ventes, consommation de films, émissions de télévision et autre contenu de divertissement sur DVD ou Blu-ray), qui vont finalement atteindre les 1,62 milliard de dollars américains (64,7 % du segment en tout)39. On prévoit que la croissance dans ce segment sera stimulée par l’accroissement continu des services vidéo par contournement (comme Netflix)40.
  • Le Rapport de surveillance des communications du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) offre un aperçu des habitudes des consommateurs canadiens et de la façon dont elles sont en train de changer. Selon le rapport, les Canadiens regardent environ 27,4 heures de télévision traditionnelle chaque semaine, ce qui représente une baisse de 1,8 % par rapport à 2012-201341. Cette baisse est d’autant plus notoire chez les adolescents (12-17), soit à 19,9 heures par semaine (-5.2 %), et chez les adultes de 18 à 34 ans, à 20,6 heures par semaine (une baisse de 5,9 % par rapport à 2012-2013)42. À l’inverse, le visionnement de télévision sur Internet continue d’augmenter : les Canadiens de 18 ans et plus ont regardé, en moyenne, 7 heures de télévision en ligne par semaine, par rapport à seulement 1,5 heure en 2010-201143.

Tendances et enjeux

Taux de croissance et tendances de l’industrie

  • Avec la télévision, les marchés de la vidéo et du cinéma devraient montrer des signes de croissance au cours des cinq prochaines années; la télévision sur protocole Internet est considérée comme ayant un potentiel de croissance44. Les prévisions de PwC indiquent que les abonnements à la télévision sur protocole Internet augmenteront à un TCAC de 6,3 %, pour finir par rejoindre 2,3 millions d’abonnés45. Notamment, la télévision sur protocole Internet a généré près de 1,3 milliard de dollars en recettes en 2014, ce qui était la première fois qu’elle atteignait la marque du milliard de dollars depuis son introduction au sein du marché46. Bien que la part du marché de la télévision sur protocole Internet augmente, il y a une chute dans les parts de marché des services de câble et satellite, respectivement47.
  • Le désabonnement complet et partiel demeure une tendance à observer dans le contexte télévisuel au Canada (et dans le monde). Un rapport récent indique que le marché canadien a perdu environ 190 000 abonnés en 2015, et prédit une chute des abonnements de 191 000 en 201648. Selon le Convergence Research Group, 3,43 millions de foyers canadiens (23,7 % de foyers en tout) n’étaient pas abonnés au service de télévision traditionnel par câble, satellite ou avec un fournisseur de télécommunications, en 201549. Toutefois, de récentes données provenant de l’Observateur des technologies médias (OTM) montrent que malgré la pression associée au désabonnement complet ou partiel, la majorité des Canadiens anglophones ont toujours recours au service de télévision traditionnel50.
  • Cette même recherche de l’OTM confirme la popularité des services par contournement au Canada, avec près de la moitié (48 %) de la population anglophone au Canada possédant un abonnement à Netflix51.
  • Étonnamment, de récentes données montrent la croissance au sein du marché de la télévision en direct, qui repose principalement sur la génération Y. Des études provenant aussi de l’OTM montrent qu’au Canada, 8 % des adultes anglophones regardaient la télévision en direct en 2016 – une augmentation de 7 % par rapport à 201552. Cette croissance semble découler principalement de la consommation de la génération Y, dont la part de connexions de télévision en direct a augmenté de 13 %53.

Enjeux au pays et à l’étranger

  • Devant l’ampleur des changements dans la façon dont les consommateurs ont accès à la télévision au Canada et la regardent, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a récemment lancé l’initiative « Parlons télé : une conversation avec les Canadiens », dans le but de se pencher sur l’avenir de la télévision au Canada en 2014. Une consultation ouverte initiale a reçu plus de 1 300 commentaires, et une audience publique en septembre 2014 a vu plus de 100 intervenants donner leur avis au CRTC. Au début de 2015, le CRTC a fait connaître ses décisions relativement à la télévision en direct, à la substitution simultanée, aux services de vidéo sur demande, au contenu canadien et à un code de consommateur. Les principaux changements qui concernent le secteur de la production en Ontario sont : la réduction de quotas qui établit la quantité d’émissions à des chaînes locales et spécialisées, la suppression des règles de protection de genre pour les chaînes spécialisées, davantage de souplesse de la radiodiffusion dans la promotion du contenu canadien et représentation d’une production canadienne. Dans le cadre de deux nouveaux programmes pilotes, le CRTC a assoupli les règles en matière de contenu canadien pour les productions avec un budget par épisode de plus de 2 millions de dollars, ou fondées sur une adaptation d’un livre à succès canadien. La décision en lien avec « Parlons télé » a également ouvert la voie aux radiodiffuseurs afin que ceux-ci mettent fin à l’exigence d’adhérer aux modalités préalablement négociées de l’entente avec les producteurs indépendants54.
  • À la lumière des changements découlant de la décision de l’initiative « Parlons télé », le CRTC a également émis la Politique réglementaire de radiodiffusion 2016-343, qui représente son nouveau cadre politique pour les fonds de production indépendants certifiés. Ce cadre politique révisé présente plusieurs changements clés aux fonds de production indépendants certifiés, notamment le retrait de l’exigence voulant que les producteurs obtiennent un permis de radiodiffusion ou une entente de développement pour recevoir des fonds de production indépendants certifiés, la définition peaufinée du « contenu pour les nouveaux médias », la diminution du maximum requis de points de certification canadienne à six, et l’admissibilité des coentreprises aux fonds de production indépendants certifiés55.
  • La décision en lien avec « Parlons télé » a également changé l’environnement réglementaire concernant les fournisseurs de câblodistribution que ceux-ci doivent offrir aux clients. En mars 2015, le CRTC a annoncé que la nouvelle offre de service épuré de 25 $, en plus de la possibilité pour les clients d’acheter des canaux supplémentaires dans le cadre d’un service à la carte, donnerait aux Canadiens la latitude de choisir le contenu télévisuel qui convient à leurs besoins. Les clients auront accès à un nouveau service d’entrée de gamme et à l’option de ne payer que pour les canaux qu’ils choisissent, d’ici mars 201656.
  • Le 15 avril 2016, le CRTC a annoncé que plus de 66 000 Canadiens s’étaient inscrits au nouveau forfait télé de base57. Cependant, selon de nombreuses critiques de la part des consommateurs, le CRTC a convoqué Bell, Rogers, Shaw et Videotron à une audience pour examiner le lancement des forfaits de télédistribution épuré58. La décision de cette audience du CRTC n’a pas encore été rendue publique.
  • À l’échelle fédérale, la consultation du ministère du Patrimoine canadien, intitulée Le contenu canadien dans un monde numérique, vise à examiner l’ensemble des politiques culturelles canadiennes (notamment, les lois, les institutions, les politiques et les programmes), afin d’assurer qu’elles demeurent pertinentes dans un monde numérique. Cette consultation pourrait avoir des conséquences d’une grande portée pour toutes les industries culturelles, dont le secteur cinématographique et télévisuel au Canada.
  • En juillet 2016, le Gouvernement de l’Ontario a publié sa toute première Stratégie pour la culture, qui propose les pistes à suivre pour soutenir les arts et la culture, à partir de vastes consultations avec les Ontariens. La stratégie finale vise quatre buts principaux : promouvoir la participation culturelle et l’inclusion; renforcer la culture dans les collectivités; stimuler l’économie; et promouvoir l’importance des arts au sein du gouvernement. Le secteur du cinéma et de la télévision est reconnu comme étant un collaborateur important dans le cadre de cette stratégie, qui prend note de l’engagement à moderniser la série de crédits d’impôt pour l’industrie du cinéma et de la télévision.
  • En septembre 2016, le service canadien d’abonnement par contournement Shomi a annoncé qu’il fermerait le 30 novembre 2016. Shomi a été lancé en 2014 à titre de coentreprise entre Rogers Communications et Shaw Communications, et bien que les données des abonnés n’aient pas été rendues publiques, le catalogue du service affichait plus de 19 000 titres et 118 séries télé exclusives59. Une étude auprès des consommateurs menée par une tierce partie, toutefois, estime que Shomi détenait une part de marché entre 4-5 %60.
  • Une étude récente menée par des organisations issues de l’industrie du cinéma et de la télévision explore les tendances, les possibilités et les défis dans des sujets comme le financement de la production, la parité hommes-femmes et les définitions du contenu national. Un rapport publié par Documentaristes du Canada (DOC) examine la participation du secteur philanthropique dans le financement des productions de documentaires sur des enjeux sociaux, tandis que le rapport de la CMPA met en évidence les principales stratégies pour les producteurs de contenu qui visent à dépasser le financement de projet61. Comme la parité et la représentation hommes-femmes font l’objet d’un intérêt grandissant dans l’industrie du cinéma et de la télévision, Women in View, pour sa part, a produit un rapport qui étudiait les schémas d’embauche des femmes dans l’industrie du cinéma et de la télévision62. Une seconde étude menée par la CMPA fournit une analyse comparative des définitions du contenu national au Canada, et montre la façon dont elles diffèrent d’autres compétences internationales dignes de mention63.

Aides de l’État64

État au 28 septembre 2016.

Notes de fin

1 SODIMO, L’Ontario enregistre une année record de production cinématographique et télévisuelle, 9 mars 2016.

2 Ibid.

3 Canadian Media Production Association, Profil 2015 – Rapport économique sur l’industrie de la production de contenu sur écran au Canada, février 2016, p11.

4 Statistique Canada, « Production cinématographique, télévisuelle et vidéo 2013 », tableau 361-0038 – Production cinématographique, télévisuelle et vidéo, statistiques sommaires, aux 2 ans (dollars sauf indication contraire), CANSIM (base de données) (site consulté le 16 août 2016).

5 CMPA, p. 9.

6 ibid, p.9.

7 ibid, p.12.

8 SODIMO, Statistiques, 2015.

9 Computer Animation Studios of Ontario, Economic Profile of Ontario’s Computer Animation and Visual Effects Industry in 2014, juin 2016, p. 26.

10 Documentaristes du Canada, Toute la vérité 5, juin 2013, p. 29-32.

11 SODIMO, Statistiques, 2015.

12 ibid.

13 ibid.

14 ibid.

15 ibid.

16 ibid.

17 ibid.

18 CMPA, p. 6.

19 ibid.

20 CMPA, p. 6.

21 Téléfilm Canada, La coproduction en chiffres, 2015.

22 ibid.

23 ibid.

24 ibid.

25 Téléfilm Canada, La coproduction en chiffres, 2014.

26 Téléfilm Canada, 2015.

27 Film LA Inc., 2016 Pilot Production Report, juillet 2016, p. 7.

28 Statistique Canada, Production cinématographique, télévisuelle et vidéo, 2013, 28 juillet 2015 (site consulté le 16 août 2016).

29 ibid, tableau 361-0038.

30 Statistique Canada, Production cinématographique, télévisuelle et vidéo, 2013.

31 Statistique Canada, tableau 361-0059 – Production cinématographique, télévisuelle et vidéo, revenus de production selon le type de production, aux 2 ans (pourcent), CANSIM (base de données) (site consulté le 16 août 2016).

32 Statistique Canada, Distribution cinématographique et vidéo, 2013, 27 juillet 2015 (site consulté le 16 août 2016).

33 Statistique Canada, tableau 361-0049 – Distribution de films cinématographiques et de vidéos, statistiques sommaires, aux 2 ans, (dollars sauf indication contraire), CANSIM (base de données) (site consulté le 16 août 2016).

34 PwC, Global Entertainment and Media Outlook 2016-2020, juin 2016, TV and video, global, (site consulté le 17 août 2016).

35 ibid.

36 PwC, juin 2016, TV and video: Canada.

37 ibid.

38 ibid.

39 ibid.

40 ibid.

41 Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Rapport de surveillance des communications 2015, novembre 2015, p. 77.

42 ibid.

43 CRTC, Rapport de surveillance des communications 2015, p. 3.

44 PwC, juin 2016, TV and video: Canada.

45 ibid.

46 CRTC, Rapport de surveillance des communications 2015, p. 3.

47 Observateur des technologies médias, Adoption de la technologie des médias 2016 : analyse du marché anglophone, 16 juin 2016, p. 3.

48 The Convergence Research Group, The Battle for the North American (US/Canada) Couch Potato: Bundling, Television, Internet, Telephone, Wireless, avril 2016, p.13.

49 ibid.

50 CNW, The MTM’s Most Recent Survey Results Find Over a Third Online Canadians are Using Ad Blockers, 16 juin 2016.

51 ibid.

52 The Wire Report, « Millennials driving OTA growth in Canada: report », 20 juillet 2016.

53 ibid.

54 CRTC, Politique réglementaire de radiodiffusion CRTC 2015-96, 19 mars 2015.

55 CRTC, Politique réglementaire de radiodiffusion CRTC 2016-343.

56 CRTC, Communiqué, 19 mars 2015.

57 Gouvernement of Canada, « Plus de 66 000 Canadiens se sont déjà abonnés au nouveau forfait de télévision de base », communiqué, 15 avril 2016.

58 CBC, « CRTC calls TV companies in for public hearings on $25 basic packages », 24 mai 2016.

59 Toronto Star, « Canadian streaming service Shomi shutting down », 26 septembre 2016.

60 The Wire Report, « As Shomi shuts down, experts point to strong competition in OTT », 26 septembre 2016.

61 Documentaristes du Canada (DOC), Philanthropic Funding for Documentaries in Canada: Towards an Industry-wide Strategy, 16 septembre 2015, et CMPA, Strengthening the Business: Capitalizing Canada’s Content Business, 4 février 2016.

62 Women in View, Women in View on Screen 2015, 18 novembre 2015.

63 CMPA, An International Comparative Study: How National Content is Defined in Canada and Selected Countries for the Purpose of Providing Access to Public Support, 9 août 2016.

64 Les renseignements figurant dans cette section représentent un aperçu d’une partie de l’aide gouvernementale accordée à l’industrie cinématographique. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de l’aide gouvernementale disponible.